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La résilience est un voyage vers soi-même

Il s’entraîne à la survie dans la nature avec ses clients: le coach et auteur Marcel Hager révèle ce qu’il faut faire pour se relever après une défaite.
Marcel Hager s’est mis à son compte comme coach à l’âge de trente ans. Il a fondé le mouvement masculin 4M Suisse et a récemment repris les rênes de Coachingplus. Il est marié et père de trois enfants.

Marcel Hager, quelle est la dernière défaite que vous avez essuyée?
En apparence, on dirait que tout va bien dans ma vie. Cependant, je vis encore et toujours des crises intérieures. Par exemple, j’étais en proie à des peurs existentielles lorsque je me suis lancé en tant qu’indépendant.

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Quelle est la solution pour sortir d’une crise?
Les encouragements de ma femme m’aident. Et je passe de nombreuses heures seul dans la forêt ou à faire de la course à pied. Cela me permet de réfléchir à mes décisions, de recharger mes batteries et de parler à Dieu.

La résilience ne requiert pas plus de force, mais la capacité de réfléchir

Comment définissez-vous le succès?
Le succès signifie d’oser assumer ma personnalité. Affirmer mes forces et mes faiblesses est rassurant. Malheureusement, nous définissons généralement le succès par nos actions.
Si quelqu’un perd un poste à responsabilités, nous le jugeons comme un échec. Derrière cela se cache le mensonge suivant: je n’ai de valeur que si je réussis. Mais au fur et à mesure que notre influence augmente, nos relations deviennent plus superficielles, pas meilleures. Dès que les personnes occupant des postes à responsabilité perdent leur rôle, de nombreuses relations se brisent.

Un chercheur a un jour découvert la pénicilline parce qu’il avait accidentellement laissé sa culture bactérienne moisir. Pensez-vous qu’il est possible de trouver de bonnes choses dans nos déconvenues?
Oui, si nous sommes prêts à regarder de près et à nous remettre en question. Les défaites nous permettent d’apprendre des choses importantes. La Bible dit: «Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu» (Romains 8, 28).

La résilience est un mot clé dans l’épreuve. Peut-on s’y entraîner?
D’innombrables conseils circulent à ce sujet. Beaucoup pensent que l’on peut améliorer sa résilience grâce à un entraînement mental. Mais c’est une erreur de croire que la résilience augmente lorsque l’on réagit à la pression par une contre-pression. Car si la pression augmente, l’épuisement finira par suivre. La résilience ne requiert pas plus de force, mais la capacité de réfléchir. En fin de compte, cela n’est pas forcément lié au travail, mais beaucoup aux attentes et aux relations. Qu’est-ce que j’attends de moi et qu’est-ce que les autres attendent? Le stress crée de fausses attentes et des conflits relationnels. Quand je dois faire quelque chose qui ne correspond pas à mes ressources, ai-je le courage de dire non? Pour cela, le dialogue avec moi-même est important, ainsi que celui avec mon entourage.

Et si le dialogue n’aboutit pas, le burn-out est-il imminent?
Si je m’efforce de répondre à toutes les attentes perçues subjectivement, cela peut entraîner anxiété, insomnie, colère, maladie et même épuisement professionnel. De nombreuses personnes ont des maux de ventre ou des migraines lorsqu’elles sont sous pression. Il est alors plus facile d’utiliser la maladie comme excuse pour réduire les dépenses que de s’attaquer à la racine du problème. Dans ce dernier cas, il s’agirait de se libérer du rôle de victime, d’aller à la source de ses peurs et de résoudre les conflits. C’est un voyage à la découverte de soi.


Que diriez-vous à une personne qui se sent abattue?
Lorsqu’une personne est au plus bas, elle a besoin d’être appréciée, respectée et
aimée.

Donc finalement, tout ce dont nous avons besoin, c’est l’amour?
Oui. Nous, les humains, sommes créés pour la communauté. Et peu importe les tâches que nous accomplissons, nous gardons exactement la même valeur.

En tant que croyant, c’est facile à dire pour vous, non?
Même ceux qui ne croient pas en Dieu peuvent affirmer leur personnalité. Il est inutile de donner le meilleur de soi-même pour être entendu de l’extérieur. Un échec dans lequel je reste affermi dans qui je suis, constitue un succès. ▪

Entretien: Stephan Lehmann-Maldonado

Quart d'heure pour l'essentiel

Article tiré du numéro Quart d’heure pour l’essentiel Pentecôte 2021

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