Skip to content

Affronter nos crises… et les surmonter

© Istockphoto
L’année 2020 a laissé des traces visibles dans le quotidien d’un grand nombre d’entre nous. Angoisse, dépression, peur et instabilité, comment affronter et surtout, surmonter ces géants que le Covid a laissés derrière lui? Il s’agit d’apprendre à rebondir.

«On ne s’arrête pas sur un échec. Tels sont les mots que mon père m’a adressés suite à un accident de voiture. J’ai alors pu reprendre le volant, un jour, gagnée par la confiance de ce message qui résonne encore en moi aujourd’hui», partage Pessy, la trentaine dynamique. Pourtant, 2020 a été une année compliquée entre les projets professionnels reportés et les ennuis de santé: «Mais finalement, ces difficultés sont devenues des opportunités qui m’ont permis de rebondir.»

Pas tous égaux face à l’épreuve

Publicité

Qu’elles concernent une crise sanitaire ou financière, un échec professionnel ou sentimental, l’épreuve et la souffrance ont été le mal commun à l’ensemble de l’humanité cette dernière année, toutes catégories sociales et tous âges confondus. Face à elles, chacun expérimente l’une ou plusieurs de ces différentes étapes et émotions que sont le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation, précise Anne-Catherine Piguet, ergothérapeute et théologienne. Pourtant, nous ne sommes pas tous égaux face à la souffrance.
Certains ont plus de force physique et psychique, ou plus de soutien socio-familial que d’autres. Cependant, face à la crise ultime de notre vie, la mort, même les plus forts sont terrassés. C’est pourquoi il est important de s’y préparer. «Il est vrai que nous n’avons pas la même capacité de distance et de seuil de résistance», ajoute Cosette Fébrissy, psychologue. «La perception du monde varie d’un individu à l’autre et c’est ce qui nous rend unique.» Pour la spécialiste, la capacité de rebond s’inscrit d’abord au sein de chaque histoire individuelle, familiale et socio-culturelle, selon ce que chacun a déjà intégré. Boris Cyrulnik, qui a introduit le principe de la résilience, explique que cette capacité de rebond permet de vivre et construire au-delà de la difficulté.

Accepter la réalité

«La première difficulté dans une crise est d’accepter la réalité et qu’on ne vit pas dans le monde parfait qu’on aurait voulu», explique Anne-Catherine Piguet. «L’autre défi vient de la difficulté de s’imaginer un futur», ajoute Cosette Fébrissy. Le décalage entre l’imaginaire et la réalité est parfois très difficile. La capacité de se questionner ou de se laisser interroger permet aussi de se remettre en marche. «La Bible elle-même nous donne à voir ce cheminement. On le voit dans la relation que Jésus-Christ entretient avec ses disciples: “Ne vous rappelez-vous pas? Ne vous souvenez-vous pas?” Jésus n’hésite pas à interroger ses amis et leur donne de l’espérance en les ramenant aux souvenirs du passé, non par nostalgie mais pour les aider à se projeter. Il s’agit donc de compter sur les autres, des personnes compétentes pour nous soutenir et nous aider à reprendre notre route», encourage-t-elle. Et de préciser qu’une épreuve n’est ni une faute ni un échec mais l’occasion de gagner en connaissance de soi, de ses croyances et ressources pour mieux anticiper le prochain pas.

L’espérance, carburant de la résilience

Pour les chrétiens, le carburant de la résilience est l’espérance, une confiance paisible qui s’appuie sur la foi en Jésus-Christ. L’espérance selon la Bible dit que Dieu est aimant, fidèle et juste. Tous ceux qui croient en lui peuvent compter sur ses promesses et sa présence qui ne changent pas. Dieu dit: «Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde» ou encore «je ne vous laisserai pas orphelins.» Ces mots sont prononcés par Jésus-Christ à ses disciples avant d’être crucifié. Ressuscité trois jours plus tard, il laissera à ses disciples son Esprit pour les accompagner, leur laissant cette promesse, avant de rejoindre le Père, qu’un jour il reviendrait. C’est cette espérance qui permet aux chrétiens de mobiliser une énergie de vie durable, loin des standards de l’optimisme.
La Bible s’en distingue, nous donnant à voir la vie d’hommes et de femmes qui ont fait le choix d’espérer au cœur de situations désespérées. Un processus loin d’être naturel que Jésus, fils de Dieu, expérimente jusque dans son humanité: «Il a lui-même vécu une terrible crise dans le jardin de Gethsémané, avant de souffrir une mort atroce, une lente et douloureuse agonie en étant à moitié nu, cloué et suspendu à une croix», commente Anne-Catherine Piguet.
«J’ai l’assurance qu’en dépit de tout ce qui m’arrive, je peux compter sur Dieu. Je ne suis jamais seule face à l’adversité. Je peux m’adresser à lui par la prière et trouver du réconfort, du soutien et certaines réponses. Bien sûr, Dieu ne me révélera pas toujours pourquoi je traverse telle ou telle crise. Mais c’est certain: il nous aime et nous accompagne aussi bien dans les temps de bonheur que de malheur.»

Quart d'heure pour l'essentiel

Article tiré du numéro Quart d’heure pour l’essentiel Pentecôte 2021

Publicité