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Délivré de l’alcoolisme

© DR
Bruno a sombré dans l’addiction à l’orée de la trentaine. récit d’un chemin de reconstruction avec les AA, Bible à la main et le soutien de ses proches.

La vie paisible de Bruno, seize ans, fils unique, prend un tournant dramatique lorsqu’une camarade de classe, dont il se sent proche, se suicide. Bouleversé et impuissant, celui qui est aujourd’hui père de deux filles adultes et grand-père d’un petit-fils se retrouve comme «devant le fait accompli», avec un immense sentiment de culpabilité de n’avoir pas vu la détresse de son amie, de n’avoir pas su l’aider.

La souffrance refait surface
Les années passent. Bruno poursuit ses études, se met à exercer en tant que professeur d’anglais, se marie et devient même papa. «Jusqu’à l’âge de vingt-neuf ans, j’ai mis un mouchoir sur ma souffrance», confie-t-il. Mais à la naissance de sa deuxième fille, tout ressurgit, comme une vague irrésistible. Il fuit alors dans l’alcool «comme anxiolytique». «Un jour, je me suis mis à boire pour oublier que je buvais.» Il bascule alors dans la maladie de l’alcoolisme, sauf que pendant des années, Bruno croit qu’il peut arrêter de boire quand il veut. Il fréquente de nombreuses associations, des groupes de parole, il est interné en psychiatrie. Il se lance alors dans une première cure de désintoxication. Mais rien n’y fait. Le père de famille reprend systématiquement le chemin de la boisson.
Lors de sa deuxième cure, il a l’idée un peu étrange de prendre une Bible avec lui, bien qu’il ne soit pas croyant. «Au début, pour moi, Jésus était un philosophe, comme Platon et tant d’autres. Mais pendant ma cure, à force de lire la Bible, je me suis rendu compte qu’il y avait autre chose.» Dans cette «autre chose», il puise la force de sortir de l’alcoolisme. Il découvre que la Bible condamne l’ivrognerie et que cela est passible de l’enfer. «Voilà qui m’a fait peur. Alors, je me suis rapproché de Jésus pour arrêter.» Il accepte le Christ comme son sauveur et Seigneur personnel, renonçant à l’alcool, son ancien «dominateur».

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Ne plus jamais boire
A la fin de la cure, un déclic se produit; Bruno comprend qu’il ne doit plus boire un seul verre d’alcool, jamais, car ce serait la rechute garantie. Il rejoint les Alcooliques Anonymes, car il peut librement y vivre sa foi, en parler et aider d’autres malades à devenir abstinents. Ensemble ils se serrent les coudes, pour remporter cette victoire, un jour après l’autre.

Quinze ans d’abstinence
Aujourd’hui, cela fait plus de quinze ans que Bruno est abstinent. Reconnaissant envers sa femme qui ne l’a jamais abandonné, Bruno a dû arrêter l’enseignement, car sa santé ne suivait pas.
Il écrit désormais des livres, notamment Un chemin vers la dignité (éd. Farel), roman autobiographique sur son rapport à la Bible et l’impact sur sa sortie de l’alcoolisme.

Marie Lefèbvre-Billiez

Quart d'heure pour l'essentiel

Article tiré du numéro Quart d’heure pour l’essentiel Pâques 2020

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