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Carlos Martinez: Le silence est d’or

© Alliance Presse
Parler sans parole. Par des gestes et de simples allusions, le mime Carols Martinez crée des histoires dans l’imagination des spectateurs. Celui qui fêtera en 2012 trente ans de carrière raconte aussi comment le Noël de 1971 a totalement bouleversé sa vie

Il voulait parler toutes les langues du monde. Aujourd’hui il n’utilise pas un mot. «Les récits de vie des différentes personnes que nous rencontrons nous aident à comprendre le sens de l’humour de Dieu», affirme le mime Carlos Martinez. Mais ce Dieu dont il parle, n’a-t-il pas dit dans son livre, la Bible, qu’au commencement était la parole, pas le silence? Les paroles qui ne sont pas prononcées demeurent des paroles, répond le mime: «Mon art consiste à transformer des mots en gestes, en images, en chair». On peut prendre l’exemple de Jésus, qui est venu sur la terre à Noël et qui a pris chair pour parler de la part de Dieu.

Jésus, son cadeau de Noël
Noël, justement, est une fête toute particulière pour Carlos Martinez: «C’est mon anniversaire spirituel, le moment où quelqu’un m’a dit pour la première fois que Jésus m’aimait malgré mes fautes. C’est donc le 25 décembre 1971 que j’ai commencé à prendre conscience de la grandeur de l’amour de Dieu pour moi et du fait qu’il pouvait me pardonner entièrement de toutes mes fautes. Ce jour-là, j’ai pleuré comme un enfant.»
Bien qu’il croie à 100% que ce que la Bible dit de Noël est vrai, Carlos Martinez considère que Noël peut être fêté même si l’on n’a pas les mêmes convictions que lui. «Tout le monde peut fêter Noël, sans croire en Dieu, de même que chacun peut apprécier une œuvre d’art sans en connaître l’auteur». La métaphore se poursuit: «En tant qu’artiste de la scène, je vois Dieu comme le plus grand des scénaristes et le Saint-Esprit comme le régisseur. Jésus, lui, est l’artiste qui va sur scène et qui est visible par le public.»
Et que dire du public? Pour Carlos Martinez, Dieu est heureux comme un sécnariste lorsque la salle affiche complet, comme cela risque d’être le cas des églises les 24 et 25 décembre. «Que six, soixante ou six cents personnes viennent à l’un de mes spectacles, ce qui me touche, c’est que ces individus aient décidé de prendre du temps pour moi. Je ne compte pas les sièges restés vides mais bien ceux qui sont occupés. Je pense que Dieu ressent un peu la même chose.»
L’artiste est sûr que Dieu est présent à chacune de ses représentations et qu’il montre au public, à travers le mime de Carlos Martinez, la considération qu’il a pour chaque être humain.

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Alexa Scherrer

Quart d'heure pour l'essentiel

Article tiré du numéro Quart d’heure pour l’essentiel 2011


30 ans de scène

Carlos Martinez est né dans les années 1950 en Espagne. Il découvre la joie du théâtre très jeune. Ce n’est qu’en 1982 qu’il se consacre entièrement à son art. Son «langage» n’étant pas limité par les régions linguistiques, il se produit sur les scènes du monde entier: aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, en Amérique Centrale et jusqu’aux Philippines. En 2002, il reçoit le prix œcuménique de la fondation «Bible et culture», avant de lancer son spectacle «MyBible». Il trouve un public au-delà des Eglises.
Le 14 janvier 2012, il donnera la première représentation de son nouveau spectacle «Fata Morgana», en Suisse. Alors qu’il fêtera trente ans de carrière de mime, l’Espagnol a encore plein d’idées. Le plus dur est de choisir laquelle retenir pour un nouveau spectacle. «Si le silence est vraiment d’or, alors je travaille depuis trente ans dans la mine du silence.»

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