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Une fête entre douleur et joie

© bruno van der kraan – unsplash
Du drame de la croix à la joie du tombeau vide, Pâques est Un récit universel dans lequel la mort n’a pas le dernier mot.
David Métreau

Des larmes du Vendredi saint à l’éclat du Dimanche de la Résurrection, Pâques n’est pas une simple célébration printanière: c’est le récit d’un basculement radical où l’amour triomphe du drame.

De la mort…

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Au cœur de la foi chrétienne, la fête de Pâques ne fait pas l’impasse sur la souffrance. Au contraire. Tout commence par un acte d’amour absolu, mais douloureux. Jésus, l’homme que la foi chrétienne décrit comme parfait et innocent, choisit de donner sa vie. Il s’offre sans résistance, mais subit l’injustice, les trahisons, les crachats, les coups et la torture avant d’être mis à mort.

Si, dans l’Ancien Testament, on sacrifiait un agneau sans tache pour se rapprocher de Dieu, Pâques marque un tournant: c’est Jésus lui-même qui devient la «victime expiatoire». Cela signifie que lui, l’innocent, accepte de subir une peine ou un sacrifice à la place du coupable, afin d’effacer sa faute et de rétablir la paix. En l’occurrence, selon les chrétiens, il prend la place des humains (tous ont déjà fait du mal aux autres, même sans le vouloir), portant sur lui les fautes de l’humanité entière. La chronologie des événements de Pâques plonge dans un véritable drame humain: l’arrestation nocturne, les larmes, l’humiliation, jusqu’au supplice de la croix. Le sang coule, les clous transpercent la chair. C’est la mort de Jésus, l’innocent.

Après le fracas de la crucifixion vient le long Samedi saint. Un temps d’attente, sombre et silencieux. C’est le temps du deuil, celui où l’on se souvient de ceux qui sont partis. C’est cette étape nécessaire où l’on prend conscience de la pesanteur de la mort et des réalités physiques. Mais l’histoire ne s’arrête pas au tombeau.

A la résurrection!

Le dimanche matin change tout. Le réveil est brutal, mais lumineux: Jésus, qui était mort et enseveli, est sorti du tombeau. Il est vivant. En ressuscitant, il brise les barrières entre la vie et la mort, entre le matériel et le spirituel.

Cette transition de la douleur à la joie se lit sur les visages de ceux qui l’ont côtoyé: celui des femmes venues pour embaumer un corps meurtri qui font face au Ressuscité, ou celui des marcheurs d’Emmaüs, ces disciples qui cheminaient dans la tristesse avant que Jésus ne se révèle à eux. Leur désespoir se transforme alors en une joie contagieuse, qui leur donne la force de courir annoncer la bonne nouvelle: Jésus est vivant! Pâques, c’est finalement l’histoire de ce paradoxe: une fête où les larmes se changent en rires, et où l’on célèbre la promesse que, définitivement, la vie est plus forte que la mort. ▪

Fêter Pâques autrement

Et si Pâques devenait plus qu’une belle fête de famille où l’on s’offre du chocolat? Après les épreuves qui ont marqué ce début d’année et les temps troublés que nous traversons, fêter Pâques «autrement», c’est choisir des gestes qui honorent la vie et la solidarité. Voici trois pistes pour vivre une fête ancrée dans le réel.

La résilience ne se vit pas seul. Profitez de ce week-end pour approcher une personne isolée de votre entourage. Ne cherchez pas les grands mots: une invitation à partager un café ou une balade printanière est un signal fort. C’est dire à l’autre: «Ta vie compte, et je me tiens à tes côtés.»

Célébrez la renaissance de la nature. Pâques coïncide avec le réveil de la terre. Organisez une activité symbolique et festive: plantez des fleurs ou un arbre en famille. Pas besoin de jardin: un simple pot ou jardinière suffit; un geste concret de confiance en l’avenir.

Ouvrez votre table! Pratiquer l’hospitalité, c’est dresser un couvert supplémentaire. Pour un réfugié, un étudiant loin de sa famille ou un collègue seul, partager le repas de Pâques transforme une simple coutume en un acte de fraternité. C’est là que la métamorphose s’opère: quand la joie des uns vient consoler la peine et l’isolement des autres. ▪

Quart d'heure pour l'essentiel

Article tiré du numéro Quart d’heure pour l’essentiel Pâques 2026

Pâques dans le monde

De la Pologne au Mexique, de la joie des orthodoxes au chemin de Croix des Mexicains, la Semaine Sainte prend des teintes bien différentes selon les traditions.

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