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Quand l’échec se transforme en réussite

© Istockphoto
L’invention du post-it, la création de l’ampoule et la découverte de l’Amérique, qu’ont-elles en commun? Elles commencent toutes par un échec. Perspectives.

Il a grossièrement déçu les attentes de sa reine et manqué son but, de loin: Christophe Colomb n’a pas débarqué en Inde, mais a découvert les Bermudes et donc l’Amérique. Partir pour une destination clairement définie et arriver dans un endroit complètement différent, beaucoup en ont fait l’expérience. Il n’est pas rare qu’un fiasco se transforme en succès. Mais la route est souvent longue.

La naissance du Post-it

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Il est difficile d’imaginer la vie sans notes autocollantes. Mais tout a commencé par un échec. Spencer Silver, chimiste à la Minnesota Mining and Manufacturing Company (3M), devait mettre au point une super colle dans les années 1960. Mais au lieu de coller uniformément, le produit n’a adhéré que de manière inégale. Le projet a donc été mis en veilleuse. Un jour, Art Fry, un autre ingénieur de 3M et membre d’une chorale d’Eglise, s’est mis à chercher une solution à son problème: ses notes manuscrites tombaient sans cesse de ses partitions. Ainsi, il s’est souvenu de l’invention de Spencer Silver et a récupéré ses échantillons. Grâce à la colle spéciale, les notes sont restées collées et ont pu être retirées, puis recollées: le Post-it était né! Depuis les années 1970, environ cinquante milliards de Post-its ont été vendus par année. Le produit est considéré comme l’un des échecs les plus réussis!

Quarante essais…

Aussi dans le registre des échecs transformés en réussites, la société californienne Rocket Chemical Company a été sommée de développer un pulvérisateur anti-corrosion pour la NASA. Le produit devait protéger les fusées Atlas contre la rouille. Au total, pas moins de quarante tests ont été nécessaires avant de parvenir à un produit concluant. C’est d’ailleurs ce qui a donné son nom au produit: WD-40 (Water Displacement, 40e formule). Lorsque la solution multifonctionnelle a été proposée dans des bombes aérosols à partir de 1958, le produit a vraiment pris son envol. Depuis cinquante ans désormais, WD-40 est l’une des marques les plus reconnues dans le domaine. La persévérance a porté ses fruits!

Des ceintures, vraiment?

C’est également vrai pour l’industrie automobile, où de nouvelles idées sont constamment lancées. Preston Tucker est celui qui a eu la brillante idée d’équiper le véhicule Tucker 48 de ceintures de sécurité, d’une sorte de verre feuilleté, de freins à disque et de protection contre les chocs. Des modifications qui ont d’abord été critiquées; en effet, à l’époque on pensait qu’une voiture ayant besoin de ceintures de sécurité ne pouvait pas être considérée comme étant une voiture sûre. Mais Chrysler, Chevrolet & Co. se sont trompés. Aujourd’hui, certaines des inventions de Preston Tucker équipent d’office toutes les voitures.

Surtout, ne pas abandonner!

Les revers sont également à l’ordre du jour chez les champions. La devise de la star suisse du tennis Stan Wawrinka par exemple est une citation de l’auteur Samuel Beckett: «Essayer, toujours. Echouer, toujours. Peu importe. Essayer, encore. Echouer, encore. Echouer mieux.»
L’on peut également prendre exemple sur le constructeur motocycliste Ducati, qui s’est concentré sur le Grand Prix en 2003. Les machines sophistiquées étaient dotées de capteurs qui collectaient vingt-huit données liées aux performances. Après chaque course, les coureurs étaient interrogés sur leurs impressions. A la fin de la saison, Ducati pointait déjà à la deuxième place, ce qui a conduit à la devise «gagner avant d’apprendre». Dès lors, Ducati a renoncé aux enquêtes et aux analyses et s’est appuyé sur des changements de conception radicaux. En 2004, 60% des composants de la machine étaient neufs – trop peu de pièces testées et éprouvées. L’équipe a donc pris du retard. Suite à cette erreur, les techniciens ont repensé et intégré l’apprentissage systématique dans le processus global. En 2007, le constructeur Ducati a remporté le championnat du monde. Il s’agit donc de savoir rebondir, s’adapter et avancer!

L’échec: un nouveau départ

En outre, dans l’échec, il est aussi bénéfique d’avoir le sens de l’humour. Il a par exemple fallu beaucoup de temps à Thomas Edison pour que son ampoule fonctionne enfin. On lui a souvent demandé si l’échec n’était pas frustrant. Question à laquelle il avait l’habitude de répondre qu’après tout, il a quand même inventé 10 000 ampoules qui ne fonctionnaient pas… La patience a ainsi permis à l’inventeur d’atteindre son but et à l’humanité d’être éclairée au sens propre du terme.
La déception, le chagrin, la peur et la honte paralysent et empêchent de nouveaux développements. Pourquoi? Chaque fin offre la chance d’un nouveau départ! L’échec et le succès vont de pair. La seule chose qui compte, c’est de savoir qui a le dernier mot.

… maintenant plus que jamais!

La mort de Jésus-Christ sur la croix a également été une sorte d’échec. Le «sauveur du monde» – exécuté comme un meurtrier! Ses partisans ont été choqués et les opposants se sont réjouis. Trois jours plus tard, Jésus est ressuscité d’entre les morts. Sa résurrection peut être qualifiée de succès. Les prochains jours seront peut-être l’occasion d’examiner la foi chrétienne d’un peu plus près? Une fois de plus, il n’est jamais trop tard pour une nouvelle tentative ou un nouveau départ!

Thomas Feuz

Quart d'heure pour l'essentiel

Article tiré du numéro Quart d’heure pour l’essentiel Pentecôte 2021

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