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#Coronavirus: Que faire de nos peurs?

© istockphoto
La peur et lʼangoisse engendrées par le coronavirus sont diffuses mais bien réelles au sein de la population. La foi en Dieu peut-elle être un secours face à la peur? Le point avec Yves Bulundwe, pasteur et philosophe, et Jonathan Peterschmitt, médecin.
Sandrine Roulet

Face au coronavirus, «la peur est compréhensible, surtout si on est bombardé dʼinformations de toutes parts. Mais nous ne devons ni lʼentretenir, ni la répandre», estime Yves Bulundwe. Le pasteur et philosophe explique que bien des peurs peuvent nous atteindre, mais quʼelles ne devraient pas être une posture finale : «Nous devrions donc accueillir cette peur, mais aussi la questionner et si possible la dépasser».
Concrètement, comment faire? Dʼabord, en évitant dʼentretenir la peur: chercher des sources fiables dʼinformation, renoncer à suivre lʼévolution de la pandémie dʼheure en heure ou encore choisir de se couper des réseaux sociaux par moments. Mais il sʼagit aussi de trouver des espaces pour exprimer sa peur. Dans le cas du covid-19, relativiser face aux autres risques est aussi efficace: «statistiquement, prendre la route est plus dangereux» (1,35 millions de décès par an dans le monde), rappelle Yves Bulundwe.
Jonathan Peterschmitt, médecin, a constaté dans la population une grande crainte dʼêtre malade ou de transmettre le virus à ses proches.
Le médecin a lui-même été touché directement par le covid-19. Dès lors, il comprend bien cette crainte.

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«Quand on a Jésus dans notre barque, on sait quʼil maîtrise»
Toutefois, Jonathan Peterschmitt estime que cette pandémie est une occasion de sʼapprocher de Dieu. Une des images qui lui parle est celle de Jésus dans la barque avec ses disciples au milieu de la tempête: «Nous sommes tous dans la même tempête. Mais quand on a Jésus dans notre barque, lui le maître des éléments, on sait quʼil maîtrise. «Jésus nous dit: “Je suis avec vous, nʼayez pas peur!”» (Evangile de Marc, chapitre 4).
Jésus a aussi connu lʼangoisse
Dʼailleurs, Jésus lui-même a connu lʼangoisse avant sa mort. «Il ne lʼa pas gardée pour lui seul, il en a parlé avec ses douze amis proches. Puis il a demandé à trois dʼentre eux de se tenir à ses côtés. Enfin, il a confié son angoisse à son Père», souligne le pasteur Bulundwe. Ce dernier poursuit que la peur de la Croix nʼétait pas la fin du parcours pour Jésus, mais une étape difficile et coûteuse, pour laquelle il a dû faire confiance en Dieu: «Il a accueilli et assumé sa crainte, sans la laisser dicter ses choix».

Dialoguer avec Dieu procure la paix intérieure
«Les chrétiens n’échappent pas à la peur. Mais dans la Bible, on trouve plus de trente passages qui nous encouragent à ne pas entretenir la peur. Se tourner vers Dieu, placer sa confiance en lui fait toute la différence. Cʼest lʼassurance de ne pas être seul face à cette peur, de ne pas la porter seul ou dʼavoir à lutter pour la vaincre par ses propres forces. Je n’ai pas besoin de me convaincre par des discours “motivationnels”. Au contraire, je suis heureux de pouvoir me décharger de mes peurs sur Dieu», témoigne Yves Bulundwe. Pour Jonathan Peterschmitt, la foi se renforce même dans les épisodes difficiles de la vie: «Cette paix se reçoit dans le dialogue avec Dieu, même au cours des épreuves. Dans la tempête, on réalise que ce qui nous entoure nʼest quʼéphémère, alors que Dieu reste présent quelles que soient les circonstances».
Mais cette confiance nʼexempt pas de respecter les mesures de protection. «Avoir la foi, ce nʼest pas prétendre que rien ne nous arrivera. Nous devons aimer et protéger notre prochain. Le bon sens nʼest pas dissocié de la foi. Tous les proverbes de la Bible appellent à la sagesse», conclut le médecin. 

Sandrine Roulet avec David Métreau

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Article tiré du numéro Quart d’heure pour l’essentiel Pâques 2020

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