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On a retrouvé de vrais descendants du Christ

Da Vinci Code a fait connaître au grand public la recherche du Christ historique. La rédaction a retrouvé des descendants vivants de Jésus de Nazareth dans plusieurs pays. Etonnamment, ils n’en font pas tout un plat
Joël Reymond

Arthur est un éleveur béninois, Gabi est un cuisinier israélien et Lauren une étudiante franco-américaine. Tous trois sont des descendants du Christ. L’un de l’ethnie adja, le second roux à la peau claire, la troisième aux cheveux noirs et à la peau mate. Le premier parle ajagbé et français, le second hébreu et anglais et un peu de français puisqu’il a passé une année à Paris et la troisième parle aussi ces deux langues. Mais sur quelle base ces trois personnes de pays et d’apparences si différentes se prétendent-elles descendantes du Christ?

Disséminés sur la terre
«Dans son Testament, Jésus a dit qu’il aurait des descendants de toute langue, de toute tribu, de toute nation», avance avec force la pétillante Lauren, faisant référence à des écrits de l’apôtre Jean.

Nos trois descendants ne connaissent pourtant pas les rois mérovingiens de la France qui, selon la légende des Templiers, remonteraient au Christ par l’entremise de Clovis et de Marie-Madeleine. Ils ne connaissent pas non plus le sanctuaire de Shingo, au Japon, où d’après une légende locale, seraient enterrés Jésus, son petit frère qui a pris sa place en dernière minute sur la croix et toute une famille qui leur a survécu après qu’ils y furent morts et enterrés. Ces descendances, réelles ou légendaires, se retrouvent sur tout le globe ou presque.

A la recherche du sang
Un test ADN peut servir à identifier un père ou permettre le regroupement familial d’émigrés. Le soumettre à nos descendants n’a rien d’une mince affaire. Il faudrait retrouver du sang du Christ – le suaire de Turin est la seule source possible et encore, très controversée. Et le test ADN comparatif ne marche pas au-delà d’une génération. Autant dire que l’étude des caractéristiques génétiques pour attester d’une filiation qui remonte aussi loin que le temps des Romains sera difficile.

Dommage, car la solidité d’une lignée est concentrée dans le sang. Le pouvoir lié à ce précieux liquide garantit l’appartenance. «Oui, le sang du Christ joue un grand rôle dans ma vie», affirme pourtant Arthus. Ce domaine lui est proche, lui qui vit du commerce de la viande. «Le sang de Jésus a été versé une fois pour toutes, lorsqu’il est mort sur la Croix. Et j’en suis le bénéficiaire : il lave mes péchés. Je ne suis plus coupable devant Dieu». Gabi l’Israélien précise qu’il s’agit d’une ancienne coutume israélite de purifier symboliquement la personne de ses fautes par l’aspersion de sang animal. «C’était une manière qu’avait Dieu de nous préparer à accepter le sacrifice unique de son propre fils. Jésus est le vrai agneau dont on verse le sang». Nos trois larrons ne pensent donc pas que c’est une doublure de Jésus qui a été supplicié à sa place.

Lignée royale
La lignée du Christ est une ligne royale. Et ses descendants se doivent d’être des personnes d’exception. Est-ce le cas ? «Je suis une fille tout ce qu’il y a de plus normale», se défend Lauren. «Etre la fille d’un roi ? Cela me traverse l’esprit de temps à autre. Avec des copines, on rit quand notre file d’attente au supermarché va plus vite que les autres ou qu’on a les derniers tickets disponibles pour un concert, on se dit “on est filles de roi”, on se fait un clin d’œil et on rit. Mais disons, je crois que c’est surtout une responsabilité. J’essaie d’être digne de ce que je suis vraiment. Je n’y arrive pas toujours…». Arthus évoque la manière dont il a pris conscience de sa filiation particulière avec le Christ. «J’ai longtemps vécu sans dieu, puis dans une saison très sèche où j’ai cru que mes bêtes allaient mourir, j’ai prié. Nous avons passé cette période. Et depuis ce jour, j’ai compris que c’était réel. Depuis, je vis beaucoup plus sereinement.»

Des descendants qui gênent les pouvoirs
La lignée sacrée aurait été victime d’une véritable conspiration du silence ourdie par les différents pouvoirs en place. Gabi peut en parler, lui qui vit dans un pays où les descendants du Christ, en particulier s’ils sont Juifs, ne sont pas bienvenus. «On a peu d’amis, on n’a pas vraiment notre place quelque part. Il y a des insultes, des agressions, des gens rejetés par leur famille ou expulsés du pays». Mais il garde espoir en relisant fréquemment le Testament de Jésus. «L’environnement ici est très instable. Mais Dieu est stable, J’ai vécu sur ses promesses écrites : Jésus est venu nous offrir une vraie relation avec lui. Il a des projets de vie pour chacun. Sa volonté pour moi s’accomplira.»

En fin de compte, pour les descendants du Christ, leur lignage est un fait existentiel et non un fait divers.

Joël Reymond

Quart d'heure pour l'essentiel

Article tiré du numéro Quart d’heure pour l’essentiel – février 2010

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