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Microtrottoir : Le football, c’est tout ce à quoi vous croyez?

1/4 d'heure a interrogé différentes personnalités directement ou indirectement impliqués dans le football. Que pensent-elles des chances de leur équipe nationale? Le football est-il une religion? Attendent-elles quelque chose de Dieu?

Stéphane Grichting
Défenseur de l’AJ Auxerre et de l’équipe suisse

«Depuis les qualifications pour l’Euro au Portugal, nous [les joueurs de la sélection helvétique ndlr] sommes montés en puissance et avons obtenu les qualifications pour l’Euro 2004 et la Coupe du monde 2006.
De nombreux joueurs du groupe évoluent à l’étranger. Les expériences accumulées parlent en notre faveur. Notre objectif est bien entendu de passer un tour puisque nous avons hérité d’un groupe très ouvert. Après, tout se joue de match en match.
Je n’irais pas jusqu’à dire que le foot est une religion. Pour moi, c’est une passion, c’est clair, mais pas une religion. J’ai la chance d’avoir pu faire de mon hobby ma profession.
J’ai bien sûr mes convictions et mes croyances. J’ai été baptisé lorsque j’étais enfant et j’ai été élevé dans la religion. Je crois en l’existence d’un être supérieur. Dans ma vie en général, j’essaie de faire le mieux possible. Quand on a une famille, on ne peut qu’espérer que tout se passe bien pour elle. Ce que j’attends de Dieu ? Qu’il me protège ainsi que ma femme et mes enfants.»

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Stéphane Chapuisat
Attaquant du Lausanne Sports, ancien international, champion du monde des clubs en 1997 avec le Borussia Dortmund

«La Suisse joue dans un groupe ouvert, avec beaucoup de jeunes. L’équipe a montré qu’elle avait de grosses possibilités lors de la qualification. Je crois qu’il y a vraiment un coup à jouer en Allemagne.
Dans des endroits où il y a de la pauvreté, le foot peut être une sorte de religion, qui est importante pour les gens.
Oui, je crois qu’il y a un bon Dieu. Mais je n’arrive pas à dire ce que j’attends de lui. Peut-être qu’il fasse que tous se respectent.»

Marie-Laure Viola
Journaliste sportive, TSR

«L’équipe suisse a fait un magnifique parcours pour se qualifier. Elle a beaucoup de caractère, de personnalité et d’esprit de groupe. C’est une équipe soudée. Je crois qu’elle peut faire quelque chose de sympa.
Je suis croyante. Concrètement, je dirais que je suis habitée par une très forte conviction. Mais je me montre assez perplexe par rapport à un certain nombre de choses. Je suis quelqu’un d’assez pragmatique.
Ce que j’attends de Dieu ? Qu’il raisonne un peu plus les gens sur terre. Et pour moi-même, une épaule psychologique sur laquelle me reposer.»

Jean-Marc Chanelet
Ancien joueur de l’Olympique lyonnais. A mis fin à sa carrière professionnelle en 2005.

«Dans le football, tout est possible. On ne peut pas dire que l’équipe de France soit très convaincante et rassurante, mais il y a encore des matches de préparation. Et lors des compétitions, il y a toujours des éléments que l’on ne maîtrise pas. En 1998, les Tricolores n’avaient pas fait une excellente préparation. Ils ont quand même réussi à aller jusqu’au bout. Je pense que la France est capable de faire quelque chose de beau.
Quant à la Suisse, j’ai découvert une très bonne équipe qui nous a posé de sérieux problèmes en octobre dernier. Elle a un bon potentiel.
J’ai découvert la foi au contact du Brésilien Edmilson à l’Olympique lyonnais. Depuis, je demande régulièrement à Dieu de me permettre de grandir en lui, qu’il efface tout ce qui n’est pas correct en moi et me remplisse de son Esprit. Je lui demande aussi de m’aider dans mon rôle de père, de mari et dans ma vie publique.»

Ludovic Magnin
Défenseur du VfB Stuttgart et de l’équipe suisse

«L’équipe nationale tout entière croit qu’elle va réaliser un grand truc. Nous sommes conscients de nos forces, même si nous avons moins d’expérience que d’autres équipes à ce niveau-là.
Mon rêve, c’est de faire mieux que la sélection qui avait atteint les huitièmes de finale en 1994 aux États-Unis.
Je crois en Dieu, mais je ne suis pas pratiquant. J’ai suivi le catéchisme et j’ai fait ma confirmation. Cela dit, il m’arrive d’y penser. Je sais que Dieu existe.
De sa part, je n’attends rien à part la santé pour moi, ma femme, mes enfants et ma famille. Le foot est très important dans ma vie, mais la famille demeure ma première préoccupation.»

Biscotte Mbala Mbuta
Attaquant au Yverdon Sports et de l’équipe nationale de République Démocratique du Congo

«Porter le maillot de l’équipe nationale fait toute ma fierté. Malheureusement, nous avons perdu le match décisif pour la qualification au Mondial 2006.
S’ils continuent comme lors des éliminatoires, les Suisses peuvent aller loin. Il faut y croire.
Vous savez, si je crois en Dieu, c’est parce que c’est Lui qui m’a fait. Si l’on parle de Biscotte, c’est grâce à Lui. Je le dis à tous les joueurs, il faut croire en Dieu, car c’est Lui qui donne l’opportunité de faire mieux. Avec Dieu, nous ferons des exploits.
Le football est une sorte de religion, car ça émeut tout le monde. Si vous regardez le foot, même si vous avez des problèmes, vous vous sentez mieux.»

Edouardo
Attaquant brésilien de Grasshoppers Club Zurich

«Les Brésiliens ont évidemment plus de chances de l’emporter que l’équipe suisse… mais en football, tout peut toujours arriver.
Le football n’est pas une religion. La foi est une chose, le sport en est une autre.
Ce que j’attends de Dieu, c’est la vie éternelle. Là où il n’y aura plus ni pleurs ni cris ni de bruits de guerre.»

Yohann Langlet
Milieu de terrain du FC Baulmes, en Challenge League

«L’équipe suisse s’est soudée lors des qualifications. Ses joueurs ont démontré des qualités intéressantes dans leurs championnats respectifs et certains ont même livré de très bonnes prestations avec leurs clubs en Coupe d’Europe. La France doit craindre cet adversaire, car il évoluera sans complexe.
Personnellement, je crois en Dieu. J’ai la foi depuis tout petit. J’ai été éduqué ainsi et cela ne m’a jamais quitté. Je n’attends rien de particulier de Dieu hormis peut-être le courage et la force. Ma foi, c’est la source de ma vie, c’est quelque chose qui restera toujours gravé en moi, même dans les moments difficiles.»

Quart d'heure pour l'essentiel

Article tiré du numéro Quart d’heure pour l’essentiel – juin 2006

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