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Résurrection du Christ: les indices historiques

01.03.07 - Un tiers des Suisses croient à la résurrection du Christ. Plusieurs indices historiques renforcent l'idée qu'elle a bel et bien eu lieu.

La résurrection du Christ, on y croit ou on n'y croit pas. Pour les croyants, c'est un enseignement reçu et le fruit d'une conviction personnelle. La science a cherché quant à elle des éléments historiques, des preuves si possibles, pour se prononcer sur la question. Or les seuls éléments à disposition sont les témoignages de l'époque consignés dans les Évangiles. Mais il existe des indices que les historiens ne contestent pas, eux qui ont reconstitué l'histoire de toute l'Antiquité sur la base de tels documents.


Le sursaut improbable de ses disciples

Un premier indice tient à la naissance du christianisme. Au lendemain de l'exécution de Jésus de Nazareth, on ne donnait pas cher de l'entreprise du charpentier devenu rabbin et qui incarnait l'espoir d'une nation. Le coup devait être fatal. Mais peu après, ses disciples se sont lancés contre toute attente à la conquête du monde. Qu'est-ce qui a pu rassembler une bande d'ex-révolutionnaires prédicateurs apeurés et dispersés et pareillement les remettre en selle ? Au matin de Pâques, quelque chose s'est produit.


Une invention incompatible avec la culture des Juifs

Même les plus sceptiques parmi les universitaires admettent que les premiers disciples croyaient tous que Jésus était ressuscité des morts. L'idée que cet événement et sa signification aient été inventés de toutes pièces ne colle pas avec la mentalité et la culture de ces gens modestes ; c'est comme imaginer un indien maya parlant de laïcité. Pourquoi ?


Les Juifs attendaient une résurrection générale de tous les morts à la fin de l'Histoire, non d'un seul homme. C'est précisément la conviction exprimée par une autre Marie des Évangiles (la sœur de Lazare) lorsque Jésus lui annonce qu'elle va revoir son frère. «Oui, je sais, au Dernier Jour, comme tous les autres» (Jn. 11, 23). L'idée d'une résurrection individuelle comme un événement historique est étrangère au judaïsme de cette époque. Elle existait par contre dans certains courants religieux d'Orient.


Par ailleurs, la sobriété du récit du matin de la résurrection est un autre indice de la sincérité de la tradition: on ne trouve aucun des motifs spectaculaires typiques des récits légendaires ultérieurs. Si le récit était une création, son auteur n'aurait jamais pris le risque de dire que la tombe vide a été premièrement découverte par des femmes, tant leur parole ne pesait pas lourd.

 
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Juste une hallucination? facile à contrôler

Si la sincérité des premiers disciples n'est pas en cause, certains ont imaginé qu'ils aient été abusés, victimes d'une hallucination forcément collective, due au traumatisme causé par le supplice et le deuil de leur maître. C'est effectivement l'alternative la plus sérieuse. Mais cette théorie se heurte à un problème : pour un Juif du premier siècle, l'idée qu'un homme soit vivant avec un corps en terre n'a aucun sens. L'idée d'une résurrection spirituelle de Jésus (de ses idées, de son message, etc.) est un nouvel anachronisme. Et il aurait été facile d'aller contrôler la chose directement sur le lieu de sa sépulture.

À ce propos, il n'a jamais été question de «tombeau» du Christ, à honorer ou à aménager pendant quatre siècles. Ce sont les chrétiens romains (de tradition païenne, donc) qui ont importé ce culte. (jr)