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Noël aux quatre coins du globe

24.11.15 - Tour d’horizon. Nous connaissons le Noël enneigé, sous les sapins, autour d’une dinde soigneusement apprêtée pour égayer un repas de famille. Mais ailleurs dans le monde, le scénario est un peu (ou très) différent.

En Australie, Noël sur la plage et dans les magasins


En Australie, de nombreuses traditions de Noël sont influencées par leurs origines britanniques ; mais à la différence des Anglais, les Australiens profitent de Noëls ensoleillés. Noël en été, c’est le seul et vrai Noël qu’ils connaissent. Beaucoup ont d’ailleurs une certaine compassion pour les Européens qui le vivent dans le froid !


En musique !

Dans les villes, Noël reste une fête mercantile. Dès le mois d’octobre, jouets et décorations font leur apparition dans les magasins. En revanche, la période de l’Avent est bien marquée par les «Christmas Carols» (chants de Noël), dont les concerts sont organisés dans les parcs ou autres endroits publics, le soir. Les invitations attirent toujours énormément de monde, de tous âges. Le plus grand concert de Noël, diffusé à

la télévision, aura lieu à Sydney le 24 décembre.


Dinde, crevette et jambon

C’est seulement le lendemain matin que les enfants sont supposés ouvrir leurs cadeaux. Toute la famille se réunit ce jour-là autour d’un grand repas. La dinde est au menu, mais aussi des fruits de mer (les crevettes surtout), du jambon (la spécialité de Noël australienne), le pudding anglais, agrémenté de glace ou de crème... Il n’est pas rare que le repas se déroule autour d’un barbecue, près de la plage ou au bord de la piscine. Près de 40 000 personnes se rendent chaque année à la plage de Bondi le jour de Noël.


Evénement sportif

Mais les festivités ne s’arrêtent pas au 25 décembre. Le lendemain est un jour férié : le «Boxing Day». Comme en Angleterre et dans tous les autres pays du Commonwealth, c’est le début des soldes, tant attendu par certains. Mais c’est aussi (et surtout !) le «Boxing Day Test», qui oppose l’équipe nationale de cricket à celle d’un autre pays.


Par Hélène, une Française mariée à Steven, un Australien



En Côte d’Ivoire, une fête joyeuse au rythme du djembé et des danses


Tout en musique, le Noël ivoirien ! Sous les palmiers de la petite ville de Tabou, tout à l’ouest du pays, les villageois arrivent sans se presser pour la veillée organisée par l’Eglise. De larges sourires se lisent sur les visages pour cette soirée en plein air qui s’annonce longue, rythmée et chaleureuse.

Les enfants donnent le ton : le visage peinturluré, vêtus de costumes traditionnels, ils se lancent dans une danse épatante. Puis tous les âges se succèdent pour ce spectacle haut en couleur.

La nuit est tombée, mais la chaleur n’a pas disparu. Les moustiques non plus. Après la chorale des dames, qui agitent majestueusement leurs mouchoirs, les adolescents s’essaient à la pyrotechnie dans un sketch détonant. Même les vieilles dames gratifient le public d’une danse, donnant le rythme avec des bâtons qui viennent heurter le sol avec fracas. Pour conclure cette soirée festive, danse pour tout le monde !


Sobriété et générosité

Le lendemain matin, le culte du 25 décembre commence de manière bien solennelle... Assis calmement sur les bancs, les fidèles, tous vêtus du même costume traditionnel, écoutent avec respect la prédication très sobre du pasteur en langue kroumen. Le moment de chant débute sous une chaleur étouffante. Un djembé donne le tempo et le pasteur lance : «Je vais demander à la sœur Anne-Lise de nous donner un chant». Ni une ni deux, la sœur en question entonne un cantique. L’assemblée se met à frapper des mains, à se lever et à danser à la queue leu leu.

Deux heures ont déjà passé quand le pasteur rappelle que ce culte de Noël doit aussi être un culte de dons. Les femmes viennent les unes après les autres déposer sur une couverture des bananes et diverses victuailles. On profite aussi de la présence de nombreux fidèles pour faire entrer une cohorte de jeunes filles et de jeunes hommes triomphants : les «Flambeaux Lumière». La cérémonie de consécration allonge encore d’une bonne heure ce culte de Noël.

Chacun poursuivra la fête à sa manière. Certains iront même se baigner dans l’océan, sous les cocotiers...


Jérémie Cavin



En Roumanie, les enfants sont à l’honneur


Noël approche dans le village de Teliucu-Inferior. Comme ailleurs en Roumanie, on se prépare à cette grande fête dont tout le monde se réjouit. La tradition veut que l’on tue le cochon et qu’on le prépare en saucissons, en charcuterie ou encore en boules de graisse. Pour le repas du 25 décembre, la mère de famille cuisinera aussi les inévitables «sarmale», des rouleaux de choux fourrés d’une farce à base de porc, de riz et d’oignons. Elle a aussi fort à faire pour préparer les innombrables pâtisseries dont les Roumains sont friands...


En chansons dans la rue

Mais avant le mets du 25 décembre, la veillée de Noël. L’occasion, pour les jeunes des Eglises, de sortir dans la rue et de chanter de tout leur cœur la Bonne Nouvelle de Jésus venu sur la terre. Pour les enfants, qui avaient l’habitude de fêter ce 24 décembre avec les grands-parents et la famille élargie, c’est une fierté de se joindre aux grands et de partager une amitié si agréable en ces temps fascinants.

Guitare à la main, les jeunes frappent aux portes des maisons illuminées. L’accueil est souvent chaleureux : après tout, c’est Noël et, dans le village, le cœur est à la joie ! Inépuisables, les choristes feront le tour du village, porte après porte, parfois jusqu’à 4h du matin... Mais derrière plusieurs portes, ils ont leur récompense : des pâtisseries et un petit verre, de quoi réchauffer des organismes gelés par le froid piquant de Roumanie.


Cadeaux pour tous !

Le lendemain, pas question de faire la grasse matinée. Le culte de Noël, ça ne se discute pas. On ne va tout de même pas manquer les chants et les sketchs des enfants ! Le banquet de famille, qui suit, n’est pas un repas comme les autres. Tout le monde sort le grand jeu vestimentaire ; et la maison décorée et enluminée donne une atmosphère toute particulière à ces moments uniques.

Le sapin, par contre, n’est pas toujours de mise. Les cadeaux, oui. Aussi pour les enfants pauvres du village, d’ailleurs : les Eglises ne se priveront pas de donner un petit présent à ces gosses émerveillés qui, pour certains, n’avaient jamais ouvert de cadeau auparavant...


Jérémie Cavin et Alex Vlad

 
Noël aux quatre coins du globe