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Mathématiciens et informaticiens prouvent l’existence de Dieu

19.11.13 - Historique. Un mathématicien proche d’Einstein a développé une équation pour prouver l’existence de Dieu. Un siècle plus tard, des informaticiens ont testé l’équation : «Dieu existe».

C’est l’hebdomadaire allemand Der Spiegel qui l’a révélé récemment : des informaticiens ont testé la preuve de l’existence de Dieu avancée par le mathématicien Kurt Gödel, mort en 1978. Résultat des courses : son affirmation a pu être vérifiée. Le compagnon d’Albert Einstein avait démontré, à l’appui d’une formule savante, qu’il existait un être réunissant en lui toutes les caractéristiques positives existantes, et que cet être ne pouvait être que Dieu.

Détenir la preuve de l’existence de Dieu offre des perspectives fascinantes, non ? Si cette preuve était irréfutable, ce serait confortable pour tout le monde. Cela éviterait aux responsables religieux et aux Eglises d’avoir à déployer toute leur énergie pour dire qu’il est possible ou nécessaire de croire en Dieu.


Et la science, qu’en dit-elle ?

Pourtant, autant se rendre à l’évidence : aucune des «preuves» avancées ne peut s’imposer de façon universelle, sans être contestée par la critique ambiante. Toutes ces tentatives comportent certaines faiblesses, même celle du mathématicien Kurt Gödel, que viennent d’applaudir les informaticiens. Au niveau de la méthologie aussi, il existe un problème : avec les outils scientifiques actuels, on ne peut pas mesurer l’existence de Dieu. Et ce qui n’est pas mesurable ne peut pas être prouvé...


Des indices...

Nous devrions donc plutôt parler d’«indices» de l’existence de Dieu. Par exemple, nous savons bien que derrière chaque produit se trouve un créateur, un concepteur ou un producteur. Peut-il en être autrement du monde, qui semble fonctionner de manière aussi ordonnée et logique ? Et la création qui nous entoure ne donne-t-elle pas des indices forts sur l’existence d’un créateur, même si, en ce début de 21e siècle, Dieu a été remplacé par le hasard ?

De plus, peut-on vraiment affirmer que l’homme n’est que de la matière ou un animal amélioré ? N’a-t-il pas en lui certaines qualités (l’amour, la capacité d’abstraction, la réflexion intellectuelle, etc.) qui lui viendraient d’une puissance supérieure ? Et d’ailleurs, on affirme souvent que Dieu nous dépasse : alors comment l’être humain aurait-il pu inventer quelque chose qu’il n’aurait même pas eu l’idée de concevoir et qui lui paraît parfois une folie ?

Finalement, ne doit-on pas reconnaître, avec Blaise Pascal, que l’homme a un vide en forme de Dieu ? A priori, seule l’existence d’une personne transcendante donne à notre vie un véritable sens et est à même de répondre à nos questions existentielles.


Une preuve nécessaire ?

Mais nous n’avons là que des indices, pas des certitudes. D’ailleurs, une preuve de l’existence de Dieu est-elle réellement souhaitable ? Si une telle preuve existait, elle nous forcerait à placer Dieu dans notre vision du monde. Celui qui n’y croirait pas serait qualifié d’anti-scientifique et d’ignorant. Le débat serait réduit à la question de savoir qui il est : à quoi ressemble-t-il ? Quels traits de caractère lui attribuer ?

A l’inverse, en l’absence de preuves, je peux vivre ma foi en Dieu en toute liberté. Mais je ne peux pas non plus mettre les autres sous pression. Je peux juste essayer de leur partager ma foi, mon expérience. N’est-ce pas beaucoup mieux ainsi ?


Fritz Imhof

 
Mathématiciens et informaticiens  prouvent l’existence de Dieu
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Ils ont apporté leurs preuves

Les tentatives de prouver l’existence de Dieu ne datent pas d’hier. Dans l’Antiquité, des érudits juifs, chrétiens ou musulmans s’y sont attelés, à une époque où l’existence de Dieu était peu remise en question et où ce genre d’exploration représentait un danger pour ceux qui s’y aventuraient.
Au 11e siècle, le théologien et philosophe Anselme de Cantorbéry a développé une preuve logique : Dieu est l’être au-delà duquel aucun autre ne peut être imaginé. Cette créature existe par le fait même qu’elle peut être imaginée. Dans le même registre, Thomas d’Aquin, au Moyen Age, parle de l’intention derrière le cosmos, qui était avant toutes choses : réfléchissant aux liens de causalité, il explique que tout doit avoir une cause et que cette cause ne peut être que Dieu.
Depuis les Lumières, des travaux sur l’existence ou la non-existence de Dieu peuvent être menés sans risque d’être poursuivi. Le pari de Pascal, mathématicien et philosophe français du 17e siècle, est de convaincre qu’il est préférable de croire en l’existence qu’en la non-existence de Dieu : celui qui croit en Dieu ne perd rien, même si Dieu n’existait pas. Car il a l’assurance de la vie éternelle.
Enfin, la formule mathématique de Kurt Gödel, qui a été testée et confirmée par l’informaticien Christoph Benzmüller juge que l’existence de Dieu est un «théorème logique et éprouvé».