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Malawi: une école de football donne de l’espoir

02.05.14 - Portrait. Simon Holdener n’avait pas prévu d’aller en Afrique. Pourtant, en moins de deux ans, il a fondé une école de football pour les enfants des rues. Certains d’entre eux rêvent déjà de jouer en Coupe d’Afrique.

Simon Holdener ne rêvait pas de partir en Afrique. «Ce continent ne m’intéressait pas autrement. Mais un jour, un client m’a parlé d’une école au Malawi, qui offrait des cours de football. Lorsque j’ai prié, j’ai eu l’impression que je devais y aller.»


Pénurie de stades et d’équipements

Ce coach sportif, par ailleurs patron de la société Pure Sport, a passé trois semaines dans ce pays d’Afrique du sud-est. «J’ai vu la pénurie de stades de football, de savoir et d’équipements». Depuis ce voyage «initiatique», le Suisse se rend régulièrement au Malawi. Il y a même créé une école de football et fondé Play Football Malawi.


Au-delà du sport, une lutte contre la pauvreté

Cette ONG propose aux enfants des rues, âgés de six à vingt ans, l’accès à l’école et au sport. En outre, les enfants reçoivent une alimentation saine, ils bénéficient d’un suivi médical et suivent un cours d’étude de la Bible.

Il faut savoir en effet que le Malawi est l’un des pays les plus pauvres de la planète (170e sur 186, selon le Human Developement Index). De nombreux enfants n’ont pas accès à la scolarité, par manque de près de 30 000 enseignants. Seule 3% de la population termine sa scolarité secondaire. Dans ces conditions, «notre école de football offre plus que du sport. Ils doivent recevoir une espérance et un avenir», explique Simon Holdener.


En plein boom

La première académie a ouvert l’an dernier. D’autres terrains attendent la construction d’une école supplémentaire et d’un centre médical. Entre temps, la structure accueille 350 enfants et emploie 40 personnes.

Futures stars ?

L’entraîneur de fitness rêve de voir une star du ballon rond sortir de son école. «Notre équipe M20 s’est mesurée à une équipe de Superleague du Malawi et ne s’est inclinée qu’avec un seul petit but d’écart (4-5). Nos meilleurs joueurs ont atteint un bon niveau, même si notre but premier n’est pas la performance», indique Simon Holdener.

L’ONG pense qu’à terme, les transferts financeront en partie le fonctionnement des écoles de football, ce qui permettrait d’accueillir encore plus d’enfants. «Ce serait formidable si un joueur de premier plan pouvait un jour contribuer à la qualification de l’équipe nationale pour la Coupe africaine», conclut-il en pensant à l’avenir.


Daniel Gerber

 
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