Commander le journal

Le cinéma, miroir de notre société

19.11.13 - Analyse. Les films hollywoodiens sont d’importants vecteurs de sens. Ils nous interrogent sur les valeurs qui, dans la vie, méritent d’être recherchées.

«Je suis le maître du monde !». Cette phrase culte de Leonardo Di Caprio dans le film Titanic renvoie à une scène qui a fait rêver des spectateurs du monde entier : un sentiment de liberté, associé à celui du pouvoir, avec un soupçon de romantisme. Voilà un mélange gagnant.


Vendre du rêve

Et telle est la force du cinéma hollywoodien : donner envie au spectateur de s’identifier aux personnages et de se projeter dans des faits en grande majorité fictifs. Vendre du rêve ! Rêve de célébrité dans Bodyguard, rêve de richesse dans la série des Ocean’s Eleven, rêve de sauver le monde ou l’univers dans Thor, rêve de pouvoir magique dans Harry Potter (photo), rêve du coup de foudre dans d’innombrables comédies romantiques.

Oui, il faut l’avouer, Hollywood nous fait rêver ! Qui n’a jamais désiré gagner des millions, être foudroyé par l’amour, recevoir l’admiration de tous ou devenir un superhéros ? Pourtant, ces films ne nous donnent-ils pas une vision déformée du sens de la vie, de ce qui compte vraiment ? Ne véhiculent-ils pas des illusions qui laissent parfois à penser que la vie ne trouve son sens que dans l’accomplissement personnel, la quête de la gloire ou du succès, la réussite sous toutes ses formes ?


Des thèmes intéressants

Mais il ne serait pas juste de mettre tous les films américains dans le «même panier». «Le cinéma est le miroir de notre société, il ne faut pas le diaboliser», explique le pasteur Jean-Luc Gadreau, membre du jury œcuménique du Festival de Cannes en 2012. La famille, la politique, le racisme, la guerre, le chômage et même les questions de religion sont traités par les films américains, souvent avec justesse.

Prenons A la recherche du bonheur : dans son rôle de père au chômage, Will Smith inculque à son fils les valeurs de la famille, du travail et de la persévérance. Le happy end ne fait pas oublier l’attitude et les valeurs transmises par le père tout au long du film. Un scénario qui ne pousse pas simplement à rêver, mais à s’interroger sur sa propre attitude et ses choix dans les circonstances difficiles.

De même, des succès planétaires comme Le Hobbit ou Le Seigneur des Anneaux abordent la question délicate de la lutte entre le bien et le mal. Lutte que l’on retrouve à la fois dans notre société et dans le cœur de chacun. Et quid des récentes grosses productions que sont Lincoln, Le Majordome, The Impossible ou White House Down ?


Un sens au-delà du sens

Dans ces films, ce ne sont plus la richesse, la célébrité ou l’épanouissement personnel qui sont mis en avant, mais le choix d’un ou des individus de mettre leurs dons, leurs valeurs, leur vie au service d’une cause ou d’une personne qui dépasse leurs intérêts premiers. En ce sens, les films américains interrogent notre manière de vivre, de penser, voire même d’aimer.

Pour autant, ces belles valeurs humaines ou familiales de justice, de sacrifice, de solidarité et d’altruisme, qui transpirent de ces films, suffisent-elles à donner un vrai sens à la vie ? Ne faut-il pas chercher un sens encore plus profond ? «Le cinéma est une forme de métaphore, forme que l’on retrouve aussi dans la Bible. A la seule nuance que le cinéma interpelle, mais que la Bible apporte une réponse», souligne Jean-Luc Gadreau. Réponse que chacun est libre d’accueillir dans sa quête de sens.


Célia Martinon

 
Le cinéma, miroir de notre société