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La liberté du pardon divin, élément phare de la Réforme

16.05.17 - Théologie. Les Réformateurs ont apporté une nouvelle compréhension de la relation à Dieu, sur la base de ce qu’on appelle les Cinq Solae. Explications.

2017 marque le 500e anniversaire de la Réforme. En quoi cet événement historique mérite-t-il de telles commémorations et pareil battage médiatique?

La Réforme marque le moment où l’Eglise d’Occident s’est scindée en deux, débouchant sur la distinction entre catholiques et protestants. Le point de la discorde? Un éloignement du texte biblique de la part de l’Eglise, et contre lequel se sont justement élevés les «protestants».

Depuis, la foi protestante peut être résumée à ses cinq principes fondamentaux, que l’on appelle les cinq solae. A savoir: la foi seule, les Ecritures seules, la grâce seule, le Christ seul et la gloire de Dieu seule. Chacune de ces affirmations ayant été définie en opposition aux enseignements de l’Eglise d’alors.

• La foi seule

Sola fide (seule la foi) pose la foi personnelle comme seule voie de salut, et s’inscrit ainsi en faux contre l’idée que l’Eglise et les sacrements peuvent sauver. Il suffit donc de croire en Jésus-Christ pour être sauvés.


• Les Ecritures seules

Sola scripta insiste sur le fait que la Bible est la seule autorité en matière de foi et qu’elle prime sur la tradition ecclésiale.


• La grâce seule

Sola gratia institue que l’on doit tout à la grâce de Dieu qui sauve, et que les œuvres, et notamment les indulgences, n’y font rien. «Nous sommes sauvés par la grâce au moyen de la foi», clarifie le théologien Paul Wells, spécialisé dans les œuvres de Calvin, en citant la Bible.

• Le Christ seul

Solus Christus installe Jésus comme le seul médiateur possible entre Dieu et sa créature.


• La gloire de Dieu seule

Soli Deo gloria rappelle que toute la gloire revient à Dieu (et donc condamne le culte de Marie ou d’autres saints).


Une liberté individuelle

La plus grande incidence de cette révision théologique vient alors à replacer l’Eglise à sa position d’institution humaine au service de Jésus-Christ. L’Eglise véritable, dont il est question dans la Bible, «existe partout où le Christ est présent spirituellement», commente encore Paul Wells. Elle n’a pas besoin d’institution pour exister.


Une foi qui fait société

Cette nouvelle conception du rapport à Dieu n’a pas manqué d’avoir des échos sur les autres pans de la société. Ainsi, la notion si populaire de liberté de conscience a été instituée par les Réformateurs comme lieu souverain de la décision et de la responsabilité individuelle

devant Dieu.

A chacun appartient donc ce droit à l’autodétermination, selon ses propres convictions, et quel que soit l’héritage de sa naissance. On ne naît jamais chrétien, on le devient.

Anne-Sylvie Sprenger

 
La liberté du pardon divin, élément phare de la Réforme