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L’échec n’est pas une fatalité

26.02.20 - Claude Grandjean, ancien chef d’entreprise, a publié «L’échec, premier pas vers la réussite» (éd. Farel). Interview.

Quels sont les effets de l’échec sur une personne?

L’échec est une blessure qu’il convient de ne pas minimiser. Selon notre tempérament, il peut être vécu très différemment, mais c’est une expérience que nous devrons apprendre à surmonter. Je pense qu’échouer est d’abord une frustration. On imagine un projet, on s’investit, on compte atteindre un résultat et au final, rien ne se passe comme prévu. C’est humiliant. Mais à ce stade, il n’y a rien de dramatique. Pour certaines personnes qui se sont peut-être surinvesties, il y a le risque d’une perte d’estime de soi. Mais les échecs répétés peuvent être considérés comme un désastre existentiel et conduire certains à songer à mettre fin à leurs jours.


A contrario, l’échec peut-être une aubaine. Je peux l’envisager comme Henri Ford et me dire: «L’échec est seulement l’opportunité de recommencer d’une façon plus intelligente.» Il faut le considérer comme une seconde chance. Cela devrait nous stimuler et nous motiver. L’échec peut devenir utile et formateur si nous savons en tirer profit. Il n’y a pas de fatalité à l’échec.


En quoi l’échec peut-il être un pas vers la réussite?

Encore faudrait-il s’entendre sur ce qu’est la réussite! Il n’est pas nécessaire d’échouer pour réussir, même si, bien souvent, c’est dans cet ordre que les choses se déroulent. Si j’ai appris à surmonter mes échecs, à reconnaître et à assumer ma responsabilité, à vaincre mes peurs et à mettre les bons mots sur les maux, l’expérience acquise m’aura fait progresser et va fortement contribuer au résultat de ma prochaine entreprise. Mes attentes auront changé, ma perception de la situation se sera modifiée. C’est avec recul que je pourrai construire un nouveau projet et peut-être réussir.


Comment la foi en Dieu peut-elle aider à rebondir après un échec?

Rebondir fait partie d’un processus de restauration et la foi en Dieu en est un élément-clé. Mais comme toujours en matière de foi, l’espérance en un Dieu qui veille sur moi et qui veut le meilleur pour moi ne m’exonère pas de ma participation en puisant dans mes ressources personnelles, ni de l’aide que peut m’apporter une main tendue. Dieu m’accompagne, Dieu me comprend, il ne m’abandonne pas mais il ne fera pas la part dont il me sait capable. 


Interview: Sandrine Roulet

 
L’échec n’est pas une fatalité