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L’échec me permet de progresser

26.02.20 - Editorial du Quart d'heure pour l'essentiel publié pour Pâques.

Chères lectrices et chers lecteurs,


La défaite fait partie de la vie. C’est vrai aussi pour moi. Depuis un accident de moto il y a vingt ans, je suis paraplégique. J’ai dû apprendre à gérer les conséquences fatidiques de cet événement.


Les défaites font partie de toute carrière de sport de haut niveau. Lorsqu’on vise le succès, il est crucial de savoir gérer les échecs et les défaites. En ce qui me concerne, ils m’ont permis de commencer par chercher l’erreur chez moi. C’est ainsi que je peux apprendre et progresser. Cette posture a été décisive sur la voie qui m’a conduit aux médailles d’or aux Jeux paralympiques de Vancouver et de Sotchi.


Le succès nous confirme que nous avons fait «tout juste». L’échec nous permet d’essayer encore une fois et ainsi, de progresser. L’un comme l’autre m’ont été nécessaires pour vivre les émotions fortes d’un titre paralympique.


Face à l’échec et à la fatalité, j’ai appris à rebondir et regarder vers l’avenir, au-delà de mes circonstances actuelles. En effet, il est impossible de changer le passé. La seule chose que je peux influencer, c’est mon avenir. Et c’est ici et maintenant que je peux façonner demain. Cela nécessite des objectifs, des décisions, de l’engagement et de la discipline.


Trois choses m’ont aidé après mon accident de moto. La première est mon caractère positif et optimiste. En effet, je fais partie de ces personnes qui essaient de tirer le meilleur parti d’une situation. La seconde est le soutien que j’ai reçu de nombreuses personnes de mon entourage. Jamais je n’ai été seul. La troisième et dernière, c’est ma foi en Dieu. Oui, Dieu aurait pu empêcher cet accident. Mais il ne l’a pas fait. A la place, chaque jour, il me donne la force de faire face et de continuer à avancer.

 

Dans le passé, j’aurais payé cher pour revenir en arrière et éviter cet accident. Aujourd’hui, je perçois le risque d’une telle éventualité. Qui sait ce que je serais devenu sans cet accident? Aurais-je rencontré la femme merveilleuse qui est devenue ma épouse et la mère de nos quatre beaux enfants? J’en suis convaincu: je n’échangerais pas ma vie avec qui que ce soit. J’aime ma vie y compris dans les échecs qui l’ont

jalonnée. A nous de tirer parti de la situation actuelle!



Christoph Kunz

Champion olympique de ski paralympique

 
L’échec me permet de progresser