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Je ne veux pas être seul(e) à Noël!

26.11.11 - A Noël, beaucoup de personnes sont seules ou se sentent seules. Quart d’heure pour l’essentiel vous propose quelques témoignages et pistes pratiques pour y remédier.

Dans l’imaginaire collectif, Noël est la fête des retrouvailles, de l’amitié, de la chaleur familiale, des bons petits plats autour d’un sapin illuminé recouvrant une montagne de cadeaux. Mais dans la «vraie vie», Noël ressemble pour beaucoup à un calvaire, à cette fête que l’on appréhende parce que l’on se retrouvera tout seul.


Monique, même si elle ne l’a jamais vécue, redoute cette éventuelle solitude: «A partir de novembre, je commence à avoir le bourdon. Noël approche, mais aussi le réveillon de la Saint-Sylvestre et mon anniversaire, des événements pendant lesquels j’appréhende de rester seule». C’est à Noël que le sentiment de se retrouver seul est le plus fort. Seul avec la solitude. «Le sentiment de solitude vient de la différence entre les aspirations d’une personne à vivre des relations et la quantité de relations qu’elle entretient effectivement», analyse Hélène Beney, coordinatrice de l’association pour les solos «Des pas dans le sable». «Le danger est que cet esseulement devienne peu à peu isolement.»


«Cela fait ressurgir des choses difficiles»

Il y a les veufs et les veuves, dont la famille ne s’occupe plus. Il y a les personnes en marge de la société. Il y a ceux qu’un conflit familial empêche de vivre la traditionnelle fête avec les parents et les frères et sœurs. Il y a encore les gens timides, ceux qui n’ont pas d’amis, ou les célibataires qui voient tous leurs amis fêter Noël en couple, ou encore ceux qui sont trop isolés géographiquement pour pouvoir voir des proches. Et il y a tous ceux qui, bien qu’entourés, se sentent seuls parce qu’incompris ou mal aimés, malgré les apparences qu’ils se donnent.

Ou encore les célibataires par obligation, pour lesquels Noël ne fait que remuer le couteau dans la plaie. «Je suis passée par des moments douloureux sur le plan affectif. Alors ce n’est pas toujours évident, à Noël, de me retrouver en famille avec des gens mariés, alors que moi je suis seule. Cela fait ressurgir des choses difficiles», raconte Myriam, 31 ans. Pas le cœur à fêter, tout simplement. «La période de Noël, mais aussi celle de la fin d’année, est chargée de souvenirs, positifs ou négatifs», explique Hélène Beney.


Oser un téléphone ou une rencontre

Alors que faire pour que Noël ne devienne pas un cauchemar de solitude? Il y a bien sûr les grands classiques: se rendre à une soirée organisée par une œuvre sociale ou une Eglise, chercher les contacts de personnes seules sur internet ou encore avoir le courage d’appeler des connaissances pour avoir de la compagnie. Si le cœur y est, on peut aussi partir seul en voyage quelques jours, pour se changer les idées, ou faire en sorte que la fête soit belle même si l’on est seul: un bon repas, une activité qui nous fait plaisir, etc.


Une amitié durable

Mais au-delà de ces idées pratiques, vaincre la solitude nécessite une remise en question d’une vision stéréotypée de cette fête. «Nous accordons peut-être trop d’importance à cet événement, synonyme de réjouissance familiale, de réunions et de joie. On nous impose des codes sociétaux», analyse le pasteur Samuel Foucart. «Noël, c’est d’abord Dieu avec nous. Souvenons-nous que la clé se trouve dans la relation avec Dieu». Alors même si nous avons évidemment besoin de relations humaines, seul Dieu peut combler en profondeur notre manque affectif. Si l’on comprend qu’il veut vivre avec nous une relation d’amour, nous trouverons en lui une amitié plus profonde que n’importe quelle amitié humaine.


Jérémie Cavin/Violaine Attimont

 
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Vaincre la solitude

Pour Hélène Beney, une personne qui se sent seule doit choisir sa posture face à la solitude, «choisir d’être acteur de sa vie plutôt que victime». Dans ce travail sur soi, il importe d’accepter sa part de pauvreté et de pratiquer le contentement. Il faut aussi avoir le désir de guérir de cette solitude, quitte à recourir à une thérapie. Au niveau relationnel, Hélène Beney encourage à «gérer activement ses relations, apprendre à être un ami de valeur, s’ouvrir aux autres». L’ouverture plutôt que le repli sur soi: «Gardons le désir d’apprendre des choses utiles, cherchons et donnons des vitamines et des signes de reconnaissance.»