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Impatient d'aller au ciel

26.11.11 - Les Mayas ont annoncé la fin du monde pour 2012. Mais si la fin du monde doit avoir lieu, que faut-il attendre après= Le romancier Pierre-Yves Zwahlen a écrit «2-3 choses à faire en arrivant au ciel» (éd. LLB), ce printemps. Sa vision de l’au-delà.

Etes-vous surpris des résultats du sondage du Quart d’heure pour l’Essentiel sur la fin du monde?

Pas du tout. La fin du monde ne joue pas un rôle important dans ma vie. En revanche, la fin de mon monde est une réalité incontournable: le compte à rebours de la fin de mon monde a démarré dès ma naissance.


Qu’est-ce que la prise de conscience de cette réalité a changé dans votre existence?

Il y a deux manières d’envisager la chose. La première est de verser dans le défaitisme; on se dit que la vie n’a pas de sens et l’on consomme sans se préoccuper de la suite. L’alternative, c’est de se dire que pour que notre monde et la vie aient un sens, il faut qu’il existe une autre réalité ailleurs. C’est cette réalité que je veux vivre.


Vous avez écrit un livre sur cette autre réalité, le ciel. Comment l’imaginez-vous?

Je l’imagine heureux, J’ai vu mourir des proches qui, dans les derniers jours ou instants de leur vie, se sont ouverts à une réalité palpable dans leur façon de vivre. Leur expression ou leur regard a changé. Ils s’en allaient vers quelque chose de magnifique.


Vous les enviez?

Totalement, et avec une forme d’impatience. Mais cela ne signifie pas que je m’ennuie sur terre. Je jouis pleinement de la vie. Je le fais avec d’autant plus de délice que je sais que c’est un avant-goût d’une réalité encore meilleure.


Comment imaginez-vous cet au-delà auquel vous aspirez?

Par de nombreux aspects, je l’imagine semblable à la vie actuelle. Si Dieu a présidé à notre vie, s’il a créé le monde dans lequel nous vivons, sa pensée pour notre éternité doit être assez semblable. Je crois qu’il y a une forme de cohérence dans son projet. Je ne vois pas l’au-delà comme une sorte d’apnée éternelle, de bonheur statique. Nous irons de découverte en découverte.


Mais quelle différence avec la vie actuelle?

Le sentiment d’échec et toute la souffrance liés à la vie actuelle, ce combat dont on ne sort pas toujours victorieux, auront disparu.


En décrivant l’au-delà, ne craignez-vous pas d’être déçu, «en arrivant au ciel»?

Je suis content qu’il y ait une surprise. Sinon, cela signifierait que je peux concevoir les projets de Dieu, et donc que Dieu ne peut pas imaginer des choses plus grandes que celles que je peux concevoir. Or je crois qu’il peut faire bien au-delà de ce que je pourrais imaginer. La plus grande surprise sera de voir Dieu tel qu’il est vraiment!


Irons-nous tous au paradis?

Je ne suis pas certain que tout le monde découvrira la présence de Dieu...


Pourquoi s’y intéresser?

L’éternité commence ici-bas. La relation avec Dieu ne se créera pas après notre mort, elle se crée aujourd’hui. Ce que je vis dans le présent a des répercussions sur l’avenir.


Y a-t-il un temps propice pour s’intéresser à Dieu?

Se priver de la relation avec Dieu, c’est se priver d’une belle part de la vie.


Qu’est-ce que cette connaissance de Dieu vous apporte?

De la sérénité, car j’ai acquis la certitude d’être aimé, que ma vie a un sens et que Dieu ne m’abandonnera jamais. Cette relation est la base de ma vie et de mon espérance. Pour ici et pour après.


Propos recueillis par Christian Willi

 
Impatient d'aller au ciel