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Ils n'aiment pas le Noël bling-bling

26.11.11 - Gilles Boucomont est pasteur de l’Eglise réformée de France à Paris et producteur de «Noël No Hell». Philippe Kiener est professeur dans un technicum et initiateur du collectif «Les rebelles de Noël». Chacun de son côté a rappelé d’une façon originale que Noël revêtait un autre sens que la course aux cadeaux. Portraits.

Noël No Hell, un hymne à l'amour fraternel


Nous sommes en 2008. Gilles Boucomont, pasteur réformé de la paroisse des Marais à Paris, propose à ses paroissiens de voir Noël autrement: «C’est vous qui êtes une lumière pour le monde». Au milieu du quartier des artistes, l’Eglise compte plusieurs chanteurs et musiciens professionnels dans ses rangs. Gilles Boucomont convainc petits et grands d’enregistrer le clip Noël No Hell, un hymne à l’amour fraternel, à la paix, au lieu de l’enfer du stress des achats de Noël. Diffusé sur MTV, vendu sur CD, le clip fait un buzz. Un an plus tard, l’Eglise réédite l’idée, avec des affiches et des cartes postales aux slogans de Noël inattendus. Gilles Boucomont ne prévoit pas de nouveau projet pour 2011. Mais à l’approche des fêtes, Noël No Hell devrait connaître un regain d’écoute, grâce à la magie d’internet et au «bouche à oreille» des internautes.



Comment est née l’idée d’un collectif des Rebelles de Noël?

En 2008, le Noël fêté en famille a été un véritable électrochoc pour moi: jamais, je ne me suis retrouvé devant une telle montagne de cadeaux. Je me suis alors interrogé: quel est le sens de toute cette débauche de cadeaux? Avions-nous besoin de tout ce que nous nous étions offerts? Pourquoi amasser autant d’objets? En surfant sur le web, peu après, je suis tombé sur une initiative aussi originale qu’utile. Advent Conspiracy avait produit une vidéo décalée pour susciter la réflexion et inviter au soutien d’un projet de construction de puits.


Et vous avez marché dans les traces des Américains en réalisant à votre tour des vidéos...

En effet, deux années de suite, nous avons réalisé un clip dans le but de susciter la réflexion sur le sens de cette fête. Le but n’était pas de critiquer le fait que des gens offrent des cadeaux à Noël. C’est plutôt une belle chose de penser aux autres. Mais la question que nous souhaitions poser était la suivante: pouvons-nous donner et exprimer notre reconnaissance d’une autre façon? Par exemple en donnant de notre temps ou en investissant dans les relations, autant de cadeaux qui peuvent durer au-delà de la vie de nombreux jouets traditionnellement échangés sous le sapin.


Dans votre famille, qu’est-ce que cela a changé?

Nous avons décidé de nous limiter à un cadeau par personne. Chaque année, nous tirons au sort un nom et offrons un cadeau à cette personne. Ma famille n’était pas forcément attachée à la débauche de cadeaux. Nous avons tous été surpris par l’exagération que nous n’avions pas vu venir.


Vous n’êtes donc pas si rebelle que cela à l’idée d’offrir un cadeau à Noël?

Noël est synonyme d’un bel et noble élan. C’est comme si quelque chose dans l’air nous poussait à faire plaisir. En soi, c’est une belle chose. Avec les Rebelles de Noël, nous voulons juste rebondir sur cet élan pour suggérer d’autres formes de dons, par exemple en soutenant une ONG, et pour privilégier le temps que l’on peut passer ensemble, en famille et entre amis, à attendre ensemble la venue de Jésus.


Faut-il se détacher du côté matériel de cette fête pour mieux vivre Noël?

Le matérialisme peut nous empêcher de nous ouvrir à l’essentiel, aux relations les uns avec les autres. Passer une heure à faire quelque chose avec son fils vaut mieux que de courir après le dernier jouet à la mode. Apprenons à changer notre regard pour voir ce qui est vraiment important.


Propos recueillis par Christian Willi

 
Ils n'aiment pas le Noël bling-bling